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Scandale des moteurs truqués : Mise aux normes des moteurs Diesel

Il est évident que Glinche Automobiles aborde le sujet épineux des diesel truqués par Volkswagen, nous attendions juste que l’histoire avance car nous étions persuadés que la marque n’est pas la seule.

L’enquête révèle donc que d’autres marques telles qu’Audi, Skoda et Seat s’y sont ajoutés. Ce fameux test de pollution effectué aux Etats-Unis, conduit le grand public à faire des amalgames et à s’inquiéter outre mesure.  Tandis que les clients du constructeur allemand attendent des réponses claires et précises, les conducteurs de voitures Diesel d’autres marques se demandent encore s’ils ne seront pas tous touchés par les répercussions du scandale.

Nous avons donc réalisés quelques recherches afin de vous aider au mieux dans votre réflexion et de vous accompagner dans votre réflexion. Il y a un article dans challenge (Source challenge.fr) qui répond en 10 points à vos interrogations :

Quelles voitures concernées en France ?

Pour le moment, seules les voitures du Groupe Volkswagen ont été mises en cause. Jusqu'à preuve du contraire, les propriétaires de Renault Diesel, de Peugeot Diesel, de Citroën Diesel ou bien de voitures Diesel de toute autre marque ne sont pas concernés.

Précisons ensuite qu'aux dires de VW, seuls les véhicules homologués au titre de la norme Euro 5 sont potentiellement touchés. Les Diesel conformes à la norme Euro 6 ne sont pas concernés. Pour savoir quelle norme s'applique à votre voiture, il suffit de consulter sa carge grise. De l'aveu du constructeur, cela représente en France quelque 574.259 exemplaires de Volkswagen, 189.322 Audi, 93.388 Seat, 66.572 Skoda et 24.523 Volkswagen Utilitaires.

Le Groupe Volkswagen a ouvert le 5 octobre un Numéro Vert 0805 805 200 (de 07:00 à 22:00) pour répondre à toutes les questions de ses clients. Par ailleurs, un site internet permet de savoir à coup sûr si une Skoda, une Seat, une Audi ou une Volkswagen mue par le moteur Diesel 4-cylindres TDI Type EA189 est porteuse du fameux logiciel espion. Il leur suffit de se connecter au site https://informations.volkswagengroup.fr, de taper le numéro de châssis tel qu'il figure sur la plaque du constructeur et sur le Certificat d'Immatriculation (Carte grise), suivi de la date de première immatriculation.

Le logiciel frauduleux est-il actif en Europe ?

Pendant longtemps, un flou artistique entourait cette question. Si les responsables du Groupe Volkswagen admettaient que le logiciel capable de détecter l'amorce d'un cycle de tests d'homologation se trouve sur environ 8 millions de voitures en Europe, ils se disaient incapables d'affirmer s'il était actif.

Depuis le 8 octobre, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung croit savoir que le logiciel est bel et bien sollicité par les Audi, les Volkswagen, les Seat et les Skoda TDI incriminées vendues en Europe.

 
Mon moteur fonctionnera-t-il moins bien une fois mis en conformité ?

Cette interrogation est source de nombreuses inquiétudes chez les clients du Groupe Volkswagen. Malheureusement, là encore, le constructeur n'offre guère de réponses. Pour l'heure, il faut se contenter de faire appel à la logique. Elle conduit à conclure qu'une reprogrammation visant à supprimer le logiciel frauduleux ne devrait avoir aucune incidence sur la régularité de fonctionnement du moteur TDI EA189, pas plus que sur son couple et sa puissance. Pour la simple et bonne raison que ce logiciel est programmé pour n'entrer en action que lorsqu'il détecte l'amorce de tests sur un banc d'essai à rouleaux. Lorsque la voiture circule sur route ou en ville, le logiciel n'a aucune raison d'intervenir.

A l'appui de ce raisonnement, on pourra citer les ingénieurs motoristes qui, de tous bords, nous ont confirmé ces derniers jours qu'il est impossible pour l'utilisateur lambda de ne pas détecter l'instant où ce logiciel frauduleux entre en fonction : le conducteur sentira immédiatement le moteur perdre en puissance, vibrer et grogner. Au point de croire à une grosse défaillance de l'injection ou du turbo. Or, convenons que si les clients avaient eu à subir pareils désagréments au volant de leurs Audi, Skoda, Volkswagen ou Seat, gageons qu'ils s'en seraient fait l'écho auprès de leur concessionnaire et dans les pages de forums de discussion sur internet.

Voilà pour la simple reprogrammation du 2,0 litre TDI EA189. Pour ce qui est du 1,6 litre TDI EA189 en revanche, on peut craindre que son fonctionnement soit altéré par la mise à jour d'ordre mécanique. Volkswagen s'engagera probablement à ce que la puissance et l'agrément délivrés soient les mêmes qu'au moment de l'achat, mais cela restera à vérifier le moment venu. Pas avant l'an prochain.

Qui paiera une éventuelle mise en conformité de mon moteur ? 

Il n'y a pas à douter que la législation en vigueur en France, dans l'Union européenne et aux États-Unis met le consommateur à l'abri de l'obligation de devoir débourser le moindre centime en échange de la mise en conformité de son véhicule avec la réglementation. La reprogrammation du calculateur électronique ne coûtera au Groupe Volkswagen et à ses concessionnaires qu'un peu de temps de main d'oeuvre. Si la partie mécanique devait être touchée, il est bien évident que le constructeur assumerait la totalité du coût de ce type d'opération, pièces et main d'oeuvre comprises.

Le Contrôle Technique de ma voiture est-il toujours valable (VW ou pas) ?

Une rumeur folle court sur internet qui fait état de l'obligation supposée faite aux possesseurs de voitures du Groupe Volkswagen incriminées de les présenter à un centre de Contrôle Technique. Au prétexte que le précédent certificat leur aurait été délivré de manière indue.

Rien n'est plus faux. Cette rumeur infondée est née de la confusion faite entre d'une part le maigre contrôle antipollution réalisé tous les deux ans, à l'échéance du Contrôle technique, et d'autre part les tests plus poussés que l'UTAC réalise lors de l'homologation de chaque nouveau type de véhicule avant sa commercialisation.

Aucune obligation n'existe à ce jour de présenter son véhicule Diesel à un examen exceptionnel dans un centre de Contrôle technique. L'échéancier ordinaire du Contrôle technique continue de s'appliquer aux Diesel comme à toutes les autres voitures.

 A priori, les clients n'auront même pas besoin de prendre la peine de conduire leur véhicule chez un agent pour déterminer s'il est porteur du logiciel frauduleux. Le constructeur sait quels numéros de série sont concernés. Il fera savoir par courrier aux propriétaires des Volkswagen, Audi, Skoda et Seat incriminées que le moment est venu de présenter leur véhicule pour une mise à jour.

Dois-je rembourser le bonus écologique perçu lors de l'achat ?

Le 28 septembre, la Ministre de l'Écologie Ségolène Royal évoquait l'idée d'exiger le remboursement par le Groupe Volkswagen d'une somme équivalente au montant des bonus versés indûment aux acheteurs de voitures qui émettent davantage de CO2 que le taux calculé au moment de leur homologation. "C’est une forme de vol du contribuable et de l’Etat puisque vous savez que lorsqu'on achète un véhicule propre il y a souvent des primes, des bonus, donc c'est un vol aussi du contribuable et de l'Etat, et puis c'est une tromperie caractérisée sur un sujet majeur de santé publique", déclarait S. Royal lors du Conseil des Ministres.

Cette crainte paraît fort peu fondée. Pour commencer, on imagine mal l'Administration se lancer dans une longue procédure d'identification des acheteurs des voitures incriminées. Ensuite, il faut savoir que le montant de la prime est versé à l'acheteur, pas au constructeur. Ce dernier pourrait bien en revanche se voir condamner à une amende si la tromperie était avérée aux yeux de la Justice française.

Enfin, des arguments techniques s'opposent à la logique de faire rembourser le bonus au constructeur. Jusqu'à preuve du contraire, son logiciel frauduleux avait pour but d'altérer les conditions de fonctionnement du moteur Type EA189 pour diminuer ses émissions de NOx. Ce qui s'obtient généralement au détriment de la consommation de carburant, donc du taux d'émission de CO2. Or, comme le système du bonus-malus est basé exclusivement sur le niveau de CO2, on voit mal comment le logiciel aurait pu aider les voitures du Groupe Volkswagen à baisser leurs émissions de dioxyde de carbone lors des tests.

Occasion : la cote des VW et du Diesel en général souffre-t-elle ?

Pour répondre à cette question, il convient de distinguer entre les voitures du Groupe Volkswagen et les Diesel des autres marques. Pour l'heure cependant, il n'y a pas de différence dans l'évolution de leur cote. A moins de trois semaines après la révélation du scandale, les analystes du marché de la voiture d'occasion prétendent que la valeur des Audi Diesel, des Volkswagen Diesel, des Skoda Diesel et des Seat Diesel ne souffre pas de l'amalgame qui se crée dans l'esprit du consommateur. Mieux, les professionnels gardent confiance et estiment que la décote — si elle devait arriver — serait modeste dans son ampleur comme dans sa durée. 

"Nous avons enregistré très peu de reports ou de gels de commandes pour des véhicules du groupe Volkswagen et aucun impact ou presque n'a été constaté sur nos ventes de VO", soulignait François-Xavier Castille, président du SNLVLD (Syndicat national des Loueurs de Véhicules Longue Durée) à l'occasion d'une table-ronde organisée le 14 octobre 2015 par l'Observatoire du véhicule d'entreprise ("Flotte automobile : quelles énergies pour aujourd'hui et pour demain ?").

Sur le marché du neuf, il est juste de dire qu'en concession, les ventes de voitures à essence et hybrides accélèrent. Mais c'était déjà le cas bien avant le scandale Volkswagen puisque la part du Diesel dans les ventes de voitures neuves est passée de 71 % en 2013 à 64 % en 2014 (source : CCFA). Il existe en effet de bonnes raisons de préférer l'essence au gazole, certaines traditionnelles, d'autres plus récentes (lire plus bas : "Faut-il encore rouler en Diesel ?"). A ce jour cependant, on ne constate aucun effet de panique qui pousserait les consommateurs à délaisser en masse le Diesel. En proportion, ce sont les automobilistes d'Ile-de-France qui hésitent le plus, inquiets qu'ils sont de voir le Diesel être interdit à Paris un jour.

Du côté des équipementiers, la sérénité est de mise trois semaines après le scandale. A la mi-octobre, l'Allemand Bosch qui fournit des logiciels de gestion moteur à de nombreux constructeurs, y compris le Groupe Volkswagen, prétend n'avoir constaté aucune variation de la demande. "Mais la demande pourrait baisser si les constructeurs et les autorités devaient laisser le doute et la confusion s'installer dans l'esprit du consommateur", expliquait le patron de Bosch, Volkmar Denner à l'agence Reuters le 15 octobre.

Le Groupe Volkswagen casse-t-il les prix ?

Pour l'instant, non. Le Journal de l'Automobile et de L'Argus sont formels : près de trois semaines après le scandale, ils ne constatent pas d'offre promotionnelle particulière sur les Volkswagen, les Audi, les Seat ou les Skoda Diesel neuves. Cette situation pourrait néanmoins très vite changer en fonction de l'évolution de l'opinion publique et de la charge financière que la campagne de rappels et les procédures juridiques feront peser sur les épaules du constructeur.

A noter que le Groupe Volkswagen comme tous les constructeurs présents sur le marché français ont choisi de maintenir leurs campagnes publicitaires pour faire la promotion de leurs modèles Diesel ou essence.

Puis-je demander une indemnité à Volkswagen ?

Là est tout l'enjeu des plaintes qui s'accumulent à l'encontre du constructeur allemand. Il faudra attendre les premiers jugements pour savoir si le constructeur allemand devra dédommager ses clients, en plus de son engagement à remettre les véhicules en conformité (lire plus haut).

En France, les militants écologistes furent les premiers à dégainer. L’ONG Ecologie sans frontière a déposé plainte auprès du TGI de Paris contre X pour "mise en danger de la vie d’autrui" et "tromperie aggravée". Le parquet de Paris a lancé le 2 octobre une enquête préliminaire pour "tromperie aggravée", en parallèle à l’enquête administrative de la DGCCRF (répression des fraudes).

10°) Hors VW, les Diesel sont-ils testés en France ?

Le jeudi 1er octobre, la Ministre de l'Écologie Ségolène Royal tenait une conférence de presse éclair dans les locaux de l'UTAC CERAM, l'organisme indépendant chargé depuis des décennies de vérifier la conformité aux normes européennes et nationales de chaque nouveau type de véhicule produit par les constructeurs. Objectif, donner le coup d'envoi aux premiers tests de calibration de la méthode à retenir pour évaluer la pollution de cent véhicules en circulation en France.

Le 24 septembre en effet, trois jours après la révélation aux États-Unis du scandale du logiciel espion, la Ministre de l'Écologie annonçait que des "tests aléatoires" seraient réalisés sur une "centaine de voitures vendues en France". Ce, afin de "garantir que les véhicules mis en circulation en France respectent la réglementation en vigueur".

La méthodologie proposée par l'UTAC CERAM est en phase d'évaluation sur la Peugeot 208 HDi à bord de laquelle Ségolène Royal a effectué jeudi un tour de piste. Elle sera ensuite éprouvée sur dix véhicules, dont certains sont mus par le moteur Diesel Volkswagen incriminé. En fonction des résultats, le protocole pourra être revue et amendé. Et ce n'est qu'une fois approuvé par la commission d'enquête qu'il sera appliqué aux quatre-vingt dix autres véhicules de la liste. Selon l'UTAC, il faudra environ deux semaines pour contrôler un véhicule. Armez-vous de patience.

Pour l'heure, les véhicules utilitaires légers ne sont pas concernés par cette campagne de tests. Alors qu'ils sont très nombreux dans nos rues et qu'ils ont une norme de retard par rapport aux véhicules de tourisme.

Pour ce qui est des transports en commun, il se murmure depuis longtemps que les systèmes de traitement des gaz d'échappement ne résistent pas aux rudes conditions de circulation en ville et que certaines régies les suppriment purement et simplement. Le 7 octobre 2015, lors du Conseil de Paris, le vice-P du conseil régional en charge des transports Pierre Serne (EELV) a demandé à ce que soit examinée la possibilité de faire expertiser l’ensemble des autobus achetés ces dernières années.

(Source Challenge.fr)

En conclusion, il faut donc prendre du recul et ne pas oublier que les Etats-Unis sont spécialistes pour  « jouer » avec les médias et de pointer du doigt ce genre d’affaire, rappelez-vous de l’affaire Perrier/Benzène..